Public Eye Awards 2009
Un autre monde est possible (05.02.09)

Cette année, le Forum social mondial a quitté le sud du Brésil pour s’installer tout au nord, à Belém, la capitale de l’état du Parà. Située sur une presque-île proche de l’embouchure de l’Amazone, cette ville fait face à un monde plus sauvage, dominé par le vert des arbres et des palmiers.
Parà se trouve en Amazonie, où tout est gigantesque. L’île de Marajo est située entre les bras de l’estuaire amazonien. Bien qu’elle ait la même superficie que la Suisse, elle est à peine visible sur la carte du Brésil, où une commune relativement petite est environ deux fois plus grande que le canton de Zurich. Les problèmes sociaux, qui sont principalement causés par la répartition inégale des terres, sont aussi surdimensionnés. Ainsi le propriétaire de la banque « Oportunity », Daniel Lanta, est également le plus grand propriétaire terrien de l’état du Parà, avec cinq fermes de 600'000 hectares. Cette superficie équivaut à 30'000 exploitations agricoles suisses de taille moyenne, soit la moitié des exploitations agricoles de notre pays. Des hectares de forêt vierges ont été entièrement déboisés et transformés en pâturages destinés au cheptel de Dantas. Les quelque 2000 organisations qui participent au forum se consacreront en grande partie aux problèmes écologiques et sociaux rencontrés en Amazonie.
La crise: une opportunité
Malgré leur diversité, les thèmes discutés durant le forum se divisent en trois groupes :
• La recherche d’une société qui ne serait pas motivée par la recherche du profit, mais par la réalisation des droits du plus grand nombre de personnes possible.
• La recherche d’autres solutions que la guerre et la violence pour résoudre les problèmes.
• Comment repenser la démocratie au-delà du formalisme politique.
Comme à Davos, des chefs d’états sont présents à Belém. Hugo Chàvez (Venezuela), Rafael Correa (Equateur), Fernando Lugo (Paraguay) et Evo Morales (Bolivie) ont en effet été conviés par le président brésilien, Lula.
La crise financière est bien sûr l’un des thèmes centraux du Forum social mondial de cette année. Mais contrairement au climat glacial qui règne à Davos, la crise est perçue à Belém comme une opportunité. Maintenant que l’idéologie néolibérale a indiscutablement conduit au naufrage, il est à nouveau possible de penser plus librement. Les idées défendues depuis longtemps par le Forum social mondial sont plus indispensables que jamais et désormais réalisables.
La DB à Belém
La Déclaration de Berne fait partie de la délégation suisse d’une cinquantaine de personnes, journalistes, politiciens, syndicalistes et représentants d’ONG, présente au Forum social mondial. En partenariat avec le réseau BankTrack et un grand nombre d’organisations, la DB est engagée dans plusieurs séminaires portant sur la crise financière. Au terme de ces cinq jours de discussions intensives, nous entendons proposer un catalogue clair et étayé de revendications et de propositions, qui, nous l’espérons, seront entendues au-delà du Forum social mondial. Rien n’est moins sûr. Le Forum social mondial n’en demeure pas moins un espace de rencontre privilégié entre le Nord et le Sud. Cette ouverture d’horizon contribue à faire progresser le débat sur la crise financière actuelle et sur les solutions pour en sortir.
Andreas Missbach, Belém 27.1.2009
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